Madame X dit : « Je n’appelle jamais une pute une pute. Non. Je les appelle toujours Madame. » Les condamnées sans domicile, pauvres et ivrognes, les délaissés, les orageux, les matins sales, les enfants anarchiques nés d’une telle ou bien d’une autre, trop abîmés, hypnotisés par la douleur. Le manque, l’hiver, le froid et leurs drogués : je les vouvoie parce qu’ils n’ont pas de voix. J’admire la crasse honnête toujours debout dans la dureté même, parce qu’elle est éternelle et courageuse face à la vie d’aujourd’hui et de demain. « En attendant je pleure », disait Gauvreau. « En attendant je chante » que je disais, moi.